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29 août 2010

Vue de Ludovia, la Norvège détonne


On ne pourra pas dire que mes copains Français ont accouru aux présentations des représentants de la Norvège, région invitée à Ludovia 2010 cette année. Les présentations unilingues en anglais (malgré qu’un traducteur ait été présent), la tonalité très autoritaire et les plages horaires y étaient probablement pour quelque chose. Quelques blogueurs, le Café pédagogique, une flopée de participants dont les organisateurs de Ludovia et moi n’avons pas manqué de constater l’énorme différence d’approche de ce pays qui a implanté une réforme de l’éducation axée sur le développement des compétences, qui performe très bien aux tests PISA, qui impose l’utilisation des TICE, qui subventionne ses établissements privés à la hauteur de 85% de ce qu’elle octroie aux écoles publiques et qui s’arrange pour que tous ses élèves du secondaire aient un ordinateur portable (Apple) pour étudier dans des institutions à 100% wifi!

Les frais de scolarité dans l’école Akademiet de Bergen en Norvège, sont de 1 350€. Une seule matière par jour y figure au programme de cette école et non des bouts de cours de trois-quarts d’heures parce que ce système est jugé plus efficace pour les apprentissages des élèves. L’organisation du travail est tributaire de ce principe ainsi que la formule «THINK» dont le directeur Terje Risa nous a fait l’éloge.

Si j’ai bien compris, en Norvège, il y a de 5 à 6% des élèves qui fréquentent des écoles privées. Ayant eu la chance de questionner nos invités, j’ai bien perçu que le haut taux de financement de l’enseignement privé ne plaisait pas aux personnels des écoles publiques, mais cette question ne semble pas faire l’objet de débat, le système scolaire de la Norvège étant perçu comme étant l’un des «plus performants» sur l’échiquier mondial. En mise à jour, j’aimerais bien pouvoir montrer une diapositive utilisée par un des présentateurs qui démontrait que les résultats scolaires ne variaient pas beaucoup entre les établissements eux-mêmes, mais beaucoup plus entre les élèves d’un même établissement. Le graphique situait plusieurs pays sur une échelle à ce chapitre et le Canada avait l’air à être dans la bonne moyenne des pays sur ce chapitre. La Norvège figurait en haut de liste et bien que la France ne figurait pas dans ce tableau, tout le monde avait l’air de penser que la queue de peloton lui était destinée. J’aimerais bien vérifier «la performance» du Québec à ce chapitre puisque cette analyse m’apparaît très pertinente pour juger de la performance d’un système d’éducation.

Les articles du Café pédagogique démontrent assez bien le niveau d’utilisation des TIC en Norvège. Le fait que les outils du Web 2.0 soient privilégiés par les établissements m’en dit long sur la façon dont les ENT tiennent compte de ne pas encapsuler le savoir, mais j’aurais eu besoin d’investiguer davantage pour en être certains. Des représentants de Fronter et de it’s learning en étaient persuadés. Cette page du site institutionnel d’Akademiet démontre que Facebook ne fait pas peur à personne dans cette école de Norvège…

Mise à jour: Je me disais que d’autres blogueurs publieraient quelque chose sur le sujet… Chez Jean-Paul Moiraud (qui a passablement été «énervé» par Arkadamiet), en voici au moins un: «Un Norvégien au pays de Montesquieu».


28 août 2010

Le colloque scientifique de ludovia 2010


Comme c’est souvent le cas quand on voyage, il aura fallu que je franchisse plusieurs kilomètres pour écouter Sylvie Barma qui présentait GéoÉduc3d, dans le contexte du Colloque scientifique de Ludovia 2010. De fait, le titre exact de son exposé était «Réalité augmentée et jeu mobile pour une éducation aux sciences et à la technologie».

Ils sont une bonne trentaine présent au colloque, événement qui fait partie de la programmation de Ludovia, ce qui fait en sorte que plusieurs croisements arrivent et surtout, que nous avons la chance de côtoyer les scientifiques. Dans le cas de Mme Barma, GéoÉduc est un serious game mobile, mais plusieurs présentations sont liés à d’autres harmoniques du numérique, dont les réseaux sociaux ou les arts numériques. Le thème de l’événement est Interactivité / interactions – Enjeux relationnels ce qui a fortement teinté l’ensemble de Ludovia 2010 lui-même. Ce volet scientifique de Ludovia est sous la responsabilité de Culture Numérique, un réseau interdisciplinaire de chercheurs.

Plus tôt en journée, j’ai eu la chance d’écouter Michel Lavigne du Laboratoire de Recherche en Audiovisuel de l’Université de Toulouse. À l’intérieur de sa présentation où il démontrait que l’appropriation des TIC devrait peut-être se centrer davantage sur la programmation, il a laissé échapper cette citation qui aurait méritée d’être entendue par les responsables de l’Éducation nationale:
«À mon avis, le B2i est surtout un outil pour préparer l’enfant à la société de consommation»

Le Café pédagogique a assisté à quelques autres présentations de chercheurs et c’est intéressant de pouvoir lire les comptes-rendus:


28 août 2010

La couverture de Ludovia 2010


Une couverture correcte de Ludovia 2010 ne serait pas complète sans mentionner les autres endroits où on peut obtenir d’autres points de vue. À partir de la liste dressée par le Café Pédagogique, je peux déjà identifier quelques blogueurs présents sur place:

En plus du Café, une personne de l’Infobourg était sur place et Ariège News avait délégué quelqu’un. Sur le site de Ludovia, la synthèse de chacun des ateliers et de chacune des tables rondes. Aussi à venir j’imagine des textes de l’AEF dont une personne était parmi nous. Enfin, l’ensemble des Tweets a été regroupé sur cette page. Je note au passage ce billet du Web Pédagogique et j’ajouterai en mise à jour ceux que j’oublie.

N.B. Les causeries ont été réalisées par Christophe Batier

Mise à jour du 29 août: S’ajoute les billets «Tribus, totems et tabous», «Mon #ludovia2010 à moi…» et «Quel établissements scolaires demain selon vous ?».


28 août 2010

Rencontre avec Laurence Juin


Certains diront que parmi les hauts faits de l’année scolaire numérique 2009-2010, il y a l’arrivée de @frompennylane sur La Toile. Je suis de ceux qui ont suivi les aventures de sa classe au Lycée professionnel Pierre Doriole de La Rochelle. Derrière ce pseudo, il y a Laurence Juin, une enseignante qui n’a pas froid aux yeux, une mère de quatre enfants et surtout, une internaute maintenant reconnue qui a joint les réseaux avec grand art, mais que tout récemment. On comprendra facilement qu’à l’occasion de Ludovia 2010, je veuille connaître certains dessous de son parcours professionnel puisque les feux de la rampe ont montré une enseignante ayant très peu fait l’expérience du numérique avant cette année scolaire. Je voulais aussi vérifier certaines hypothèses pouvant expliquer qu’elle ait connu autant de succès dans la mise en réseau de ses étudiants cette année.

En gros, Laurence JUIN enseigne le français et l’histoire/géographie et il y a parmi ses classes, un groupe de vingt-huit élèves dont elle était convaincue qu’ils pourraient en faire davantage que ce qu’elle avait vu l’année d’avant. Elle savait qu’elle avait entre les mains une classe particulière avec lequel il lui faudrait pousser un peu la machine… Elle a entrepris d’utiliser Twitter avec ces jeunes qui ne savaient pas beaucoup plus qu’elle comment fonctionnait l’écosystème, mais elle était guidée par le désir de faire apprendre davantage. «J’avais une petite - mais précieuse - longueur d’avance sur eux», me disait-elle. Disons tout de suite que tous les élèves de cette classe de Laurence Juin ont été reçu bacheliers (18 ont reçu une «mention»)!

Personnellement, ce ne sont pas les résultats académiques de ses élèves qui m’ont impressionné dans la démarche de Laurence, mais la façon dont elle a conduit son projet. Je viens en France régulièrement et il est assez rare de repérer des gens aussi «tolérant au work in progress». Elle a bien ri quand je lui ai fait part de cette observation, à l’occasion d’une de nos quelques discussions tout au long de l’université d’été qu’est Ludovia. Semble-t-il que c’est un de ses traits de caractère que de pouvoir attendre d’arriver à la rivière avant de trouver la façon la plus appropriée de traverser le pont. Elle n’a pas peur des risques et c’est une chose que ses élèves ont appréciée. D’ailleurs, on lui en a fait le reproche sur La Toile (j’en ai été témoin plus d’une fois). Je me demandais comment elle avait trouvé l’expérience de devoir se justifier? Quelle compétence d’enseignante a-t-elle mise de l’avant pour ne pas «crouler» devant la charge parfois forte (on a menacé de la dénoncer en haut lieu) exercée sur elle? Deux choses importantes, si j’ai bien compris. Elle a rapidement compris qu’elle pouvait «avancer» avec ses détracteurs, à condition de pouvoir exercer un dialogue ouvert et en public avec eux.
«Rien à faire avec ceux qui ne veulent pas discuter et dont l’opinion est arrêtée, mais chacune des fois où j’ai cru que la personne pouvait m’apprendre quelque chose par son opposition, j’ai admis que je prêtais flanc à la critique et j’ai accepté de m’ajuster. Aujourd’hui, bien peu de gens maintiennent que mon expérience n’est pas valable, au contraire».

Le fait de tenir ces discussions en public (sur Twitter ou sur son blogue) lui a également permis d’obtenir du soutien de son réseau. Nous avons d’ailleurs été plusieurs à intervenir pour baliser le chemin. Maintenant, plusieurs de ses outils font références comme cette charte d’utilisation de Twitter en classe hébergé également sur un site du ministère de l’Éducation nationale en France qui a parlé d’elle bien avant les médias d’ailleurs… Il faut dire que dès l’automne, sa classe a été l’objet de beaucoup d’attention. Entrevues médias, demande d’informations, parents d’élèves intrigués et sûrement, quelques sueurs froides parmi les gens de la hiérarchie scolaire dont elle avait sollicité (et obtenue) l’appui au départ.

J’ai d’ailleurs été frappé par quelques phrases lâchées au hasard d’une conversation informelle à propos de la présence des médias dans sa classe: «Mes élèves ont beaucoup appris sur le fonctionnement des médias cette année. En ayant vu comment les journalistes «construisaient» l’information et en comparant avec ce qui était diffusé par ceux décident, ils pouvaient mieux s’éduquer aux médias en général. Plusieurs sont devenus plus critiques!» Rien de meilleur que l’expérience pour comprendre un des lieux de «pouvoirs» de notre société…

Les propos les plus fermes (et sans équivoque) sont venus au moment où je lui demandais si elle pourrait revenir en arrière; «enseigner sans la mise en réseau et sans les outils numériques de production de contenu… jamais plus». Ce sont d’abord des raisons professionnelles, je crois, qui lui ont dicté cette réplique. Le partage et l’impression d’être soutenue par une communauté, ça n’a pas de prix. Ensuite, j’ai compris que Laurence avait observé une motivation au travail différente chez ses élèves. L’effort de rester en contact pendant la période des stages en particulier semble beaucoup l’avoir impressionné. «Les collègues n’avaient pas “cette chance” et j’ai pu aller beaucoup plus loin à leur retour de stage parce que nous n’avions pas à nous réapprivoiser!»

Laurence est généreuse et les gens sont généreux avec Laurence. Elle comprend que ça peut s’avérer difficile pour un enseignant de s’exposer ainsi envers ses collègues. Le regard de certains qui laissent entendre qu’elle en fait trop ou le sourire en coin de d’autres qui la jugent parce que sa pratique sur Internet l’expose à la critique, elle a appris à composer avec. Elle se concentre plutôt sur les nouvelles rencontres que le numérique lui a permis de faire. Enthousiaste pour la suite des choses elle me disait «Le numérique rapproche vraiment les gens, ce n’est pas une blague; en plus, se rencontrer puis mettre un visage sur le nom d’une connaissance numérique est un plaisir innommable.» Laurence n’est pas au bout de ses découvertes puisqu’elle part bientôt pour l’Afrique du Sud en compagnie d’un collègue universitaire.

De mon côté, si je savais sans l’avoir vu - de mes yeux, vu - que Laurence était une personne de grande qualité, la rencontre à Ax-Les-Thermes m’a révélé la grande pédagogue qu’est Mme Juin. Il y a bien peu d’improvisation dans sa démarche de bien servir les apprentissages. Les intentions pédagogiques sont claires et si l’itinéraire s’ajuste parfois, c’est pour être certain que chacun sera non seulement du voyage, mais arrivera à destination avec fierté et honneur.

Je vous souhaite de rencontrer Laurence «In Real Life», comme ils disent…

Informations complémentaires: Voici quelques liens pour mettre en contexte l’expérience fantastique vécue en 2009-2010 par @frompennylane et ses élèves:


27 août 2010

Rencontre avec Julian Alvarez


Julian Alvarez (Ludoscience) était sur scène au moment de mon arrivée à Ludovia 2010. Il participait à la table ronde Ressources, Manuels , livres et jeux Numériques interactions des acteurs et modèle économique. De ce que j’ai pu comprendre, il a attendu longtemps avant de prendre la parole, pour une première fois. Mais l’occasion venue, il a beaucoup impressionné les gens présents. Non seulement a-t-il cité en exemple un serious game co-construit avec des élèves afin de mieux les orienter professionnellement, mais son appel à mieux respecter le besoin des jeunes en situation d’apprentissage a porté:
«Les nouvelles générations n’aiment pas seulement jouer, elles recherchent surtout la possibilité d’agir, de créer et donc d’interagir.»

Associé au projet Lutin Userlab, Julian est en quelque sorte leur «référence» en matière de serious games. Il travaille dans ce cadre à un projet qui consiste en la mise en oeuvre d’une bibliothèque qui permettrait de disposer de certains matériels pour faire de la recherche & développement interne ou pour un client d’évaluer des Serious Games en interne avec du matériel spécifique (tests avec oculomètre, capteurs biométriques, labo des usages, robots…). Les dispositifs technologiques étant avant tout des médiateurs et non des fins en soi, l’utilisateur n’aurait qu’à défrayer les coûts de transport. Je reviendrai sur ce projet dans une note au bas de ce billet.

Ça fait longtemps que je suis de près le travail de Julian. J’ai lu sa thèse (.pdf) voilà quelques années et dès le moment où j’ai vu son nom dans l’avant-programme de Ludovia 2010, je me suis dit que j’essaierais d’obtenir une rencontre d’une petite heure, seul à seul avec lui. Mon objectif était de discuter de certains mandats dans lesquels je suis impliqué et qui consiste à façonner un serious game. Un des projets dont je peux parler est en lien avec l’Université Laval et se nomme «Démeaucratie»:

«Ce jeu sérieux basé sur la démocratie au Québec sera un mélange de jeu d’action et de réflexion. Il aura comme but de redonner aux jeunes le goût de la démocratie. La gestion publique de l’eau sera au centre du “game-play”»

Au centre de mes préoccupations dans les projets dont je m’occupe est cette question de savoir jusqu’à quel point le joueur doit être conscient qu’il est en train d’apprendre pour que l’environnement ludo-éducatif puisse «produire» des apprentissages valables. Est-ce que le dispositif doit être sans équivoque sur l’intention de faire apprendre? Est-ce que le cadre du jeu et du «game-play» doit être sans équivoque sur ce qu’on veut faire apprendre?

Julian et moi avions convenu de se voir jeudi matin. Auparavant, j’avais été mis au courant que son dernier livre (un collectif d’auteurs) était en vente sur place à un coût très modeste. Le titre ne pouvait être mieux choisi pour l’occasion de notre rencontre: «Introduction au serious games».

Dès le moment où nous nous sommes serré la main, la convivialité et l’intensité se sont installées. Il a parlé des projets dans lesquels il est engagé en ce moment… J’ai fait de même, en ajoutant quelques détails sur mon parcours inusité. On a parlé des joueurs, de l’importance du jeu pour développer la créativité et aussi de l’importance d’un univers virtuel, voire irréel, côtoyant le réel, pour les jeunes en particulier. J’ai été frappé par un passage où Julian me parlait rôle crucial que peut permettre le jeu vidéo qui est sa capacité de créer des univers fantastiques où il est permis de braver les interdits. Dans toutes les recherches que lui et son groupe ont menées, il était évident que le joueur savait faire la différence entre le réel et l’irréel et que cette idée d’un transfert entre les deux univers («tu joues avec des jeux violents: tu vas DEVENIR violent») ne reposerait pas sur une base scientifique. Comme pour l’addiction, le symptôme (où disons les problèmes de dépendance, de pulsions destructrices incontrôlées) précède l’acte de jouer au contact de ces univers numériques.

Pour ce qui est de cette question du cadre dans lequel on fait apprendre dans un jeu, Julian Alvarez est sans équivoque: essayer de tromper le joueur est une très mauvaise idée. L’intention de faire apprendre doit être claire, parce que le joueur qui «entre» dans un jeu va en sortir tout de suite s’il se rend compte qu’on ne lui a pas fourni les bonnes informations sur le contexte du jeu. Qui plus est, s’il est probablement vrai de dire qu’on apprend toujours quelque chose en jouant, il faut noter qu’aucun transfert réel ne va s’opérer si le joueur n’a pas l’occasion de «rendre conscient» ce qu’il apprend. Croire en la pensée magique en cette matière est déraisonnable. Les recherches démontrent selon Julian que «le message» ne passe pas dans un jeu lorsqu’il n’est pas explicite. L’ironie ou le contre-message vous expose à recevoir au terme du jeu (si le joueur se rend au bout) un «”mais il est nul ce jeu”, même si techniquement tout est satisfaisant»!

Au terme de cette rencontre, j’avoue avoir été remué (d’ailleurs, je l’ai tweeté quelques instants après la rencontre. Il faut dire que j’ai beaucoup lu Julian avant d’avoir eu ce matin-là, le privilège de cette rencontre…). L’écoute était intense, le ton assuré, la conversation lente et toute douce. Julian est quelqu’un qui n’ouvre pas constamment «des parenthèses», soucieux de répondre à la question posée, pas d’élaborer pendant longtemps sur ce qui est en périphérie. De plus, l’écoute active est possible avec lui, pas du tout étonné qu’on doive reformuler pour bien comprendre, et ajustant le tir au besoin, sans vous faire sentir «crétin» de ne pas avoir tout saisi d’un premier coup.

Il faut dire que je savais dans quelle sorte d’univers j’entrerais dans cette heure de dialogue. C’est une des forces de Ludovia que de pouvoir côtoyer des Yann Leroux, Fanny Georges, Étienne Armand Amato ou Michel Lavigne, tous des chercheurs importants et passionnés.

Au terme de cette rencontre, je suis sorti avec une dédicace du livre qui m’invitait à poursuivre les échanges. Je n’y manquerai pas!

N.B. J’ajoute que le projet de mise en place d’une bibliothèque destinée à prêter non pas des livres, mais du matériel technologique au service des structures partenaires est à la recherche d’appuis de la part de sociétés ou d’institutions. Je vous encourage à entrer en contact avec Julian Alvarez à l’adresse dans cette page, si vous êtes prêts à considérer un appui potentiel. Il vous expliquera lui-même comment faire. Mais il faut faire vite…


26 août 2010

Comment introduire l'apprentissage par les jeux dans les pratiques pédagogiques?


Le thème de ce deuxième BarCamp Ludovia (le premier a eu lieu mardi soir) a fait l’objet de quelques discussions depuis les annonces de l’avant-programme. Comme je participe aux BarCamp de Ludovia depuis que l’expression est apparue, je peux témoigner que la formule tend à privilégier le fait qu’aucun des participants ne soit spectateur. En ce sens, les animateurs ont voulu que le thème soit le plus engageant possible: «Comment introduire l’apprentissage par les jeux dans les pratiques pédagogiques?»

La question était posée.

L’activité débute donc par les consignes de base: on cherche à identifier des questions qui peuvent se répondre par «oui» ou par «non»… qui poseraient bien les enjeux du jeu et des apprentissages.

Une bonne vingtaine de questions ont rapidement surgi, ce avec bien moins de résistance qu’aux autres BarCamp où le délai avant de se mettre véritablement à la tâche était plus long. Une fois constaté que nous avions suffisamment de matériel pour échanger, les animateurs ont tenté de regrouper les questions sous quatre thèmes qui ont semblé faire l’unanimité:
- La valeur ajoutée du jeu à la pédagogie
- La culture du jeu et des formateurs
- Production du jeu
- La légitimité du jeu dans les pratiques pédagogiques

Je me souviens d’avoir noté, «les chercheurs sont difficiles à séparer… Pourtant, ils gagneraient à «infiltrer» chacun des groupes! Reste que chacun travaille fort et les discussions vont bon train…

Au bout d’une vingtaine de minutes de partage animé, on revient en plénière et quatre questions sont retenues (une par groupe) et présentées à l’ensemble des participants. Pendant la discussion et le retour en plénière, plusieurs internautes présents gazouillent des bribes de conversation et les gens, à distance, continuent à leur façon. En tant que rapporteur, je jette un oeil à Twitter et réponds à ceux qui posent des questions.

Le premier groupe à présenter le fruit des délibérations insiste sur l’importance de l’apport du transfert des connaissances à travers le jeu. Selon eux, la valeur pédagogique du jeu est liée à l’objectif pédagogique défini au départ. Le jeu doit s’inscrire dans une séquence plus large, il doit motiver les élèves (en particulier ceux qui se sentent «moins bons»). La question retenue et soumise au vote est celle-ci:
«Le jeu du vote a-t-il une valeur pédagogique?

Une majorité de participants répond à l’affirmative…

Le rapport du second groupe débute avec la reconnaissance de la puissance du jeu. Quelques préoccupations émergent:
- Comment dépasser le constat que les jeunes jouent et s’éclatent alors que les profs leur courent après pour les rattraper?
Quelle est la culture ludique en pratique, quel apport du savoir informel?
L’avant et l’après la bombe numérique (comme il y a eu l’avant et l’après la bombe atomique?
La reconnaissance des compétences acquises dans le jeu?
Les acquis du milieu enseignant : les faire jouer? Les faire interviewer leurs élèves?
L’école est-elle à ce point un système réglé ?

La question soumise aux participants surprend. Elle est celle qui a été «retwittée» le plus souvent dans les quatre soumises:

«Peut-on demander aux enseignants de rassembler leur carrière de joueur pour se hisser au statut de joueur de leur propre rôle, de maître du jeu de la classe, pour réconcilier les deux générations et reconnaître le grand jeu de l’apprentissage ? (celle Twitté: Peut-on demander aux enseignants de remobiliser le joueur qu’ils étaient petits et redevenir sensibles et reconnaître le “grand jeu de l’apprentissage”)»

Entre l’intervention du porte-parole du deuxième groupe et celui du troisième, j’ai noté deux mots qu’il me fallait conserver: «Utile ou futile, le jeu? Bon… on y reviendra.

Je note tout de suite que la question soumise par ceux qui travaillaient sur le thème «production du jeu» était «l’Éducation nationale doit-elle créer un pôle sur le game design?» À 57%, on a répondu oui à cela. En amont, les gens dans ce groupe de travail ont noté la frustration des profs de ne pas pouvoir se dégager du temps pour ce genre de projet. Bien sûr on a cherché à savoir qui finance, quels acteurs s’investissent, qui forment les enseignants? Autant de préoccupations qui ont conduit à la troisième question soumise.

Le dernier groupe devait s’attaquer à gros, «La légitimité du jeu dans les pratiques pédagogiques». Les parents pour qui jouer est incompatible avec apprendre et qui se pose la question du temps-écran, on fait quoi avec eux?

Pour les enseignants, quels jeux choisir? Quels jeux sont adaptés à l’objectif d’enseignement? Comment faire face au décalage culturel dans la pratique ludique entre les enseignants et les élèves ? Et les cadres scolaires, les arguments d’autorité sont-ils acceptables?

Ensuite quand on se tourne du côté des élèves, ne pourrait-on pas les rendre vraiment acteurs en créant les jeux avec eux? Le jeu ne rend-il pas le reste du travail d’enseignement-apprentissage rebutant… et risquant même de nier le plaisir d’apprendre? Tous les élèves peuvent-ils être réceptifs à la pédagogie par le jeu? Et puis, un peu de provocation… «Nos “Digital Natives” ont-ils vraiment envie de jouer pour apprendre … ou plutôt d’apprendre en jouant?

Intégrer le jeu dans l’école, n’est-ce pas formaliser le jeu?

La question soumise maintenant: «Est-ce que c’est sérieux de s’amuser? (69% disent «oui»!) ou encore, «Être sérieux en s’amusant, bluffant oui ou non?

J’ai eu envie de citer un tweets en provenance de l’extérieur en guise de conclusion… «À l’école, faut que les profs s’amusent, sinon les élèves ne s’amuseront pas.» @cjacomino

Satisfait de l’exercice, le BarCamp se termine avec un nombre époustouflant de nouveau «follower» Twitter, signe que plusieurs internautes font de la veille sur ce sujet.

N.B. À l’occasion du débriefing, un intervenant a soumis la réflexion suivante (il était tard): «Un perdant a été un gagnant potentiel qui a eu sa chance; de quoi de plaint-il?»

N.N.B. Un copain du Québec vient de publier un billet qui me paraît bien cadrer avec le contenu de ce BarCamp: «L’efficacité des jeux et des simulations sur l’apprentissage»

Mise à jour du lendemain: Ce texte a également été publié sur le blogue de Ludovia et quelques photos l’accompagne…


25 août 2010

L’école n’est pas du tout ce qu’elle pourrait être


Il y a de ces jours où on vous soumet des documents incroyables. Sur le fil Twitter pendant une table ronde de Ludovia 2010, j’ai vu passer ce lien, «La meilleure élève dénonce l’enseignement scolaire dans son discours de remise des diplômes». Erica Goldson du Coxsackie-Athens High-School était en quelque sorte une «Valedictorian», ce qui veut dire, entre autres, qu’elle avait l’honneur de pouvoir s’adresser à un parterre d’invités venus célébrer la graduation. À cette occasion, elle a plutôt choisi de dénoncer le contexte dans lequel elle avait réussi à démontrer qu’elle était «le meilleur esclave»!

L’expression est forte, mais le texte en entier l’est tout autant. Un extrait:
«J’ai fait ce qu’on m’a dit jusqu’à l’extrême. Tandis que les autres s’asseyaient en classe et gribouillaient pour devenir plus tard de grands artistes, je m’asseyais en classe pour prendre des notes et devenir une grande passeuse d’examens. Tandis que les autres venaient en classe sans avoir fait leurs devoirs car ils lisaient quelque chose qui les intéressait, je ne manquais jamais un travail. Tandis que les autres créaient de la musique et écrivaient des paroles, j’ai décidé d’avoir des points supplémentaires, même si je n’en ai jamais eu besoin. Alors, je me demande pourquoi ai-je voulu cette place ? Bien sûr, je l’ai méritée, mais qu’est-ce qui en découlera ? Lorsque je quitterai l’institutionnalisme éducationnel, réussirai-je ou serais-je perdue à jamais ? Je n’ai aucune idée de ce que je veux faire de ma vie ; je n’ai pas de centre d’intérêts car j’ai regardé tous les sujets d’étude sous l’angle du travail, et j’ai excellé dans chaque domaine dans le simple but d’exceller, pas d’apprendre. Et franchement, maintenant j’ai peur.»

Au colloque, on s’est dit… c’est un peu fort, c’est un coup monté, cette étudiante n’existe pas vraiment. Mais c’était avant que mon réseau m’informe de l’existence d’une vidéo témoignant de sa prestation…

Que faire d’autre que de lier à cette étude citée par le RIRE?

L’école n’est pas du tout ce qu’elle pourrait être…


25 août 2010

Une définition de métacognition en 140 caractères


On comprendra que mes responsabilités de «blogueur/influenceur» au colloque Ludovia 2010 font en sorte que je suis souvent sur Internet ces jours-ci…

J’ai vu passer cette après-midi un gazouillis de Emmanuel Maugard qui demandait:
«Qui pourrait me donner une définition de metacognition en 140 caractères»

J’ai tenté une réponse en m’inspirant d’antidote…

«Processus par lequel un apprenant prend conscience de sa propre faculté d’apprendre, de savoir et de connaître»

Au cas où ça pourrait servir…


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Mots-Clés: Pédagogie et nouvelles technologies 
22 août 2010

Avant d'arriver à Ludovia 2010


Cette fois-ci, l’occasion de Ludovia a été précédée d’un séjour à Paris où j’ai pu faire plusieurs rencontres, préparer mes interventions et combattre le décalage qui nous occupe, voyageurs, au moins les premières heures d’un séjour outre-Atlantique. J’ai pu en profiter également pour lire quelques trucs ramassés ici et là, qui me semblaient pertinents en fonction de l’université d’été sur l’e-éducation et le multimédia ludo-éducatif, ce qu’est avant tout Ludovia! Je pense entre autres, à ce rapport dirigé par Henry Jenkins, «Confronting the Challenges of Participatory Culture» (.pdf) qui souhaite «déplacer l’attention des discordes entourant les questions d’accès aux outils technologiques vers les débats à faire sur le développement des compétences culturelles et sociales nécessaires au haut niveau d’engagement requis pour favoriser une participation active et engagée dans les communautés de chacun». C’est que le milieu scolaire n’a pas vraiment pris d’avance à ce niveau…
«Schools as institutions have been slow to react to the emergence of this new participatory culture; the greatest opportunity for change is currently found in after-school programs and informal learning communities. Schools and after-school programs must devote more attention to fostering what we call the new media literacies: a set of cultural competencies and social skills that young people need in the new media landscape. Participatory culture shifts the focus of literacy from individual expression to community involvement. The new literacies almost all involve social skills developed through collaboration and networking. These skills build on the foundation of traditional literacy and research, technical, and critical-analysis skills learned in the classroom.»

Tout comme mes collègues blogueurs, j’arriverai à Ax-les-Thermes en Ariège gonflé à bloc par le thème de cette année, «Créativité et interactions» qui se voudra pour nous, une occasion de poursuivre sur nos pratiques, déjà très interactives et remplies de créativité comme en témoigne cette vidéo tournée à l’occasion de la visite de Christophe Batier au Québec. En même temps, je nous sais assez critiques et atteints d’un brin de méfiance pour ne pas sombrer dans le gouffre de la complaisance au sujet de tout le travail qui reste à faire pour que les milieux d’apprentissages sachent utiliser le plein potentiel des nouvelles technologies. Tiens… on pourrait peut-être commencer par poser des questions sur la «Résistance Pédagogique pour l’Avenir de l’École» qui tient à partir de demain son université d’été?

Quatre thèmes de travail autour du numérique risquent de bien nous occuper:

  • Le référentiel « Collège et Établissement numérique »
  • La prise en charge du numérique dans les programmes et le rôle des collectivités locales
  • L’impact du numérique sur l’organisation des établissements
  • L’Espace Numérique de Travail et le management de l’établissement

La Norvège étant le pays invité cette année, ce sera aussi l’occasion de mieux connaître l’état de situation de cette région nordique, comme la nôtre, au Québec.

Mais avant tout, Ludovia 2010 est l’occasion de rencontrer des gens avec qui j’anticipe beaucoup de plaisirs. D’abord avec le responsable organisationnel de l’événement Éric Fourcaud qui m’invite pour une quatrième année à participer activement. Ensuite, avec Christophe, Caroline (Jouneau-Sion) et Yann (Leroux) aux contacts de qui le travail est toujours agréable et festif. J’ai déjà rencontré Éric Delcroix (Ludovia 2009) et Jean-Paul Moiraud (FormaCamp 2009)précédemment et je suis ravi de constater qu’ils ont ouvert des espaces numériques bien distincts pour l’occasion («Un blogueur à Ludovia 2010» et «The Twitter Ludovia-2010 Daily»). Aussi, ce sera l’occasion de rencontrer Laurence Juin dont j’ai suivi toute l’année dernière les expérimentations sur Twitter. Même enthousiasme pour Lyonel Kaufmann un enseignant de la Suisse dont je surveille les travaux depuis plusieurs années. Notre joyeuse bande sera complétée par Jonathan Fischbach (Belgique), et Annabel Saint-Paul (France) et Jean Bernatchez (Québec) puisque j’ai récemment appris qu’il sera des nôtres; il a lui aussi inauguré un espace spécifique dédié à Ludovia 2010. Des représentants du Café pédagogique (Monique Royer et Béatrice Crabère), de l’Infobourg (Lucile Donnat) et de l’AEF seront sur place et les gens d’ÉducPros surveilleront l’action à distance, m’a-t-on assuré, de bonne source!

Le canal Twitter de de Ludovia 2010 ainsi que le hashtag #Ludovia2010 risquent d’être très actifs dans les prochains jours…


14 août 2010

Fin de parcours à l'École d'été de l'Institut du Nouveau Monde


Si la mission et les objectifs d’un projet d’entrepreneuriat social se doivent d’être clairs, savoir bien se présenter et identifier les étapes de notre cheminement qui posent problèmes doivent aussi nous occuper. Ce fut l’objectif de la journée…

Je sors à peine de l’atelier de travail d’aujourd’hui où nous avons choisi cinq projets s’étant démarqués par rapport aux autres et je suis impressionné par la formule de l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde. Ce matin, en arrivant, j’ai commencé par prendre connaissance d’un gazouillis:
«Croyez-vous que le père est maintenant plus présent dans le couple et l’éducation de l’enfant ?»

J’ai eu le goût de répondre en paraphrasant la question: «Croyez-vous que la mère est maintenant plus capable dans le couple de laisser de la place au papa dans l’éducation des enfants?» Le ton de la journée était placé…

De fait, dans un contexte idéal, les deux parents doivent prendre part à l’éducation de leurs enfants. Les papas doivent prendre leur place et les mamans accepter que papa s’emmêle (ou s’en mêle), c’est selon. Dans le cas d’une famille monoparentale, on m’a demandé (par l’entremise de Twitter) si un des deux parents est mieux placé que l’autre; si ça varie selon le sexe de l’enfant. On pourrait faire tout un billet sur cette seule question, mais je suis porté à croire qu’en très bas âge, la mère est mieux placée, mais il faut que les petites filles tombent amoureuses de papa, «qu’une maman» vienne s’interposer et démontrer qu’il s’agit d’un amour «impossible». Puis après, à partir de neuf/dix ans, le garçon a très besoin de papa et la jeune fille de maman. Je m’arrête ici sur ce sujet, à moins que dans les commentaires, on m’en reparle!

Les projets primés dans notre parcours «À go, on change le monde», profil «développement de projet» avaient en commun d’être centrés sur de bonnes causes :

Les mentors avons sélectionné ces projets parce que les besoins sociaux identifiés étaient plus clairs, parce les caractéristiques, les forces, les objectifs et la mission étaient bien mis de l’avant par rapport aux autres et surtout, parce que le projet nous a plus, globalement. Les treize apprentis entrepreneurs semblaient ravis de leur expérience des trois dernières journées et au moment de se quitter en fin de journée, nous étions d’accord pour affirmer que le programme «À go, on change le monde» devait être mis en valeur toute l’année, pas seulement lors de l’école d’été.

Au moment d’aller retrouver ma famille en ce beau samedi du mois d’août, je suis motivé à suivre de près les travaux de l’INM. Les jeunes que j’ai côtoyés m’ont donné beaucoup d’énergie. Bien que je ne puisse pas être présent à l’assemblée citoyenne de demain avant-midi, je sais que dans tous les parcours, il y a eu beaucoup d’apprentissages sur le «vivre-ensemble» (le fil Twitter #EE2010 témoigne de l’action…). J’ai particulièrement apprécié que les questions autour de «faire de l’argent» n’aient pas été «tabou» dans cet événement rassemblant (il faut le dire) beaucoup de jeunes altermondialistes et socialement plus conscientisés que la «moyenne des ours». Mon expérience de mentor a été positive grâce au climat installé par les organisateurs qui ont beaucoup tenu compte de nos commentaires, parfois incisifs, mais toujours constructifs.

L’événement n’étant pas terminé, je suivrai attentivement le blogue des reporters officiels de l’École d’Été de l’INM que j’aurais aimé pouvoir côtoyer davantage. Ce n’est que partie remise.

Un grand merci et un beau bravo aux responsables de cet événement!

N.B. Compléments d’information (indirectement) sur le sujet du début de billet: «12 choses que les mères ne disent généralement pas» (auteure : Geneviève Lefebvre).


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Mots-Clés: La vie, la vie en société Institut du Nouveau Monde 

Je réfléchis

29 août 2010

La brigade de blogueurs teinte l'événement Ludovia


J’ai beau chercher… Je ne trouve pas, en France, d’autre rassemblement en éducation qui aurait bénéficié de la couverture d’autant de blogueurs. Ludovia 2010 pourrait ainsi être le premier événement important en éducation en France à bénéficier autant de l’attention de gens qui ont à coeur les réseaux, la production de contenu et les échanges. Pas banal…

Au-delà de ce fait, il faut se demander ce qu’apporte la présence d’une brigade de blogueurs dans un événement en éducation du type de celui de Ludovia, sinon, pourquoi faciliter leur participation?

Les blogueurs sont heureux de se rencontrer, manifestement. Une partie de la motivation à franchir tous les kilomètres qui les séparent les uns des autres vient du plaisir qu’ils ont à poursuivre des échanges commencés sur La Toile ou de celui à en initier d’autres qui se prolongeront dans le temps par le numérique. C’est qu’ils sont souvent très proches les uns de ces autres…

Mettre un visage sur un nom (ou un pseudo), passer du temps de qualité avec des collègues aux préoccupations communes, discuter plus à fond de sa pratique ou de certains aspects liés à sa ligne éditoriale… toutes ses raisons sont bonnes pour accepter une invitation. Mais ça ne suffit pas. On doit leur garantir un accès au contenu et aux personnes qui les portent, une liberté d’écriture dans leurs espaces Web, des facilités électriques et wifi d’un point de vue technique et qu’ils n’aient pas à défrayer de coûts (au minimum) pour leurs déplacements et leur séjour. Si on peut faire mieux… on augmente nos chances de compter sur plusieurs personnes.

L’exemple des présentations des Norvégiens est caractéristique «du bénéfice» que peut tirer un événement de pouvoir compter sur une horde de blogueurs… À peu près personne dans la salle pour les écouter à part des gens préoccupés à relayer de l’information et des points de vue. Dans le cas de la Norvège, je ne sais pas si on sera plusieurs à effectivement retransmettre le contenu des présentations, mais au moins, sur place, on pouvait «sauver la face»… Je blague à peine.

L’une des principales raisons pour inviter des blogueurs devrait être d’ouvrir l’événement aux gens qui ne peuvent être présents. Cette fois en particulier (pour Ludovia 2010), on ne compte plus le nombre d’internautes qui se sont joints à la conversation par le tag #ludovia2010 sur Twitter. Les commentaires sur les blogues, la retransmission virale de certaines informations, l’apport de contenu de gens qui ne sont pas présents pour enrichir ce qu’une personne a dit ou pour l’infirmer, toutes ces formes d’échanges viennent bonifier l’impact de l’événement et lui donne l’occasion de pénétrer davantage dans le quotidien des personnes. Les interventions numériques m’ont permis cette année d’apprendre l’existence «de l’école mutuelle», par exemple. J’ai été témoin par des feedback sur Twitter et sur les blogues du changement de certaines perceptions de l’événement Ludovia (par exemple) et la part d’affectif qui «passe beaucoup mieux» par les blogueurs qu’autrement, influencent les gens qui n’avaient peut-être pas envisagé de se déplacer. On aime à se retrouver dans des endroits festifs…

On pourrait mieux mesurer l’impact de la production des blogueurs. Des quelques graphes de Yann Leroux en passant par l’assemblage des tweets ou le calcul précis du nombre de fois où a été relayé la charte d’utilisation de Twitter de Laurence Juin, on serait en mesure de mieux quantifier jusqu’à quel point la brigade de blogueurs rejoint bien «la niche» des gens que veut influencer les organisateurs de Ludovia.

Et si ce n’était que ça… Les blogueurs (et micro-blogueurs) influencent le déroulement des activités. On a gazouillé pendant la table ronde, on a alimenté le mur de Tweets qui défilait à l’occasion, favorisant un maximum d’activités et on a posé des questions à des intervenants qui savaient que la réponse ne resterait pas que dans la salle. Pas étonnant dans ce contexte de la synthèse de fin d’événement, qu’un participant non-blogueur ait suggéré «trois rangées de blogueurs» pour l’an prochain!

Personne n’est dupe: les blogueurs ne rapportent pas des points de vue neutres. Ils assument leur subjectivité et leurs biais, puis ils ne remplacent pas les médias. Mais puisque les médias ne se déplacent pas en masse à Ludovia (c’est le cas cette année, c’était moins le cas l’année dernière) et qu’on souhaite favoriser l’interactivité, c’est peut-être un bon pari à faire que d’investiguer du côté de la possibilité de favoriser la venue de davantage de blogueurs et peut-être d’autres créneaux que ceux de l’éducation et des TIC. Je suis en total conflit d’intérêts en affirmant cela (j’aime bien venir en France)… attention!

J’estime tout de même que la meilleure façon de convaincre certaines personnes (de l’Éducation nationale, des politiques, des commerciaux, des profs, des chefs d’établissement, des cadres, voire des parents et des étudiants, etc.) de venir ou de participer à Ludovia passe par une plus grande place faite aux blogueurs.

Et tout m’indique que nous pouvons être encore plusieurs à répondre à l’appel.

Ludovia a tenté une première; et si c’était le début d’un nouveau souffle pour l’événement? Parler de ludo-éducatif, de serious-game, de nouvelles technologies, d’apprentissage, d’éducation et d’administration scolaire non seulement en théorie, mais en faisant vivre l’expérience des réseaux et surtout, voir et sentir comment fonctionne ces merveilleux outils? Peut-être formerions-nous davantage une véritable communauté de pratiques au service de ceux à qui on veut rendre service?

Personnellement, je suis partant pour une cinquième participation en 2011!


28 août 2010

Ce que certains commerciaux ont compris à Ludovia 2010


Pour pouvoir bénéficier d’un événement de qualité du type de celui de Ludovia, il est parfaitement normal de s’assurer de la présence de commanditaires et d’un espace «salon des exposants». À moins d’être un événement totalement «Camp» qui minimise certains frais d’organisation, de tenir le rassemblement en une seule journée et de s’arranger pour que le site des échanges soit dans un grand centre urbain, il n’y a pas à s’en sortir, on a besoin des commerciaux. Et encore, même les «MachinsCamp» ont souvent des «sponsors». Ludovia peut donc compter cette année sur Promethean, it’s Learning, Edu.maxicours.fr et le Kiosque numérique de l’éducation en tant que partenaire VIP. Comme blogueur, je ne suis pas particulièrement attiré par la visite des kiosques où des vendeurs vous renseignent sur leur produit. Si dans les lieux informels, je côtoie des représentants commerciaux, j’accepte de faire la conversation, bien entendu, mais rarement j’écris sur ce que j’ai entendu, encore moins pour faire une pub gratuite ou quoi que ce soit du genre. S’il m’arrive d’écrire sur un commercial, c’est que j’ai appris quelque chose hors de l’ordinaire. Je sais bien que ce sont eux qui paient et donc, contribuent à faire en sorte que j’ai pu être invité gratuitement à l’événement, mais je me sens toujours libre d’écrire ce qui m’intéresse ici; jamais à Ludovia, on ne m’a dicté une ligne de conduite sur ce point. On peut visiter mes archives Ludovia (1, 2, 3), bien peu de contenu touche les commerciaux…

Cette année, deux événements font que j’ai le goût de garder une trace de la présence des commanditaires. Presque trois, de fait… Le premier exemple touche l’entreprise Maxicours qui s’est joyeusement fait ramasser par Caroline Jouneau-Sion dans dans un billet style «liberty-test». En contexte, je soumets cette sortie de Christelle Membrey-Bézier qui avait mal interprété (selon moi) la démarche des organisateurs de Ludovia (elle pourra «se reprendre» l’année prochaine, j’espère). Comme plusieurs blogueurs invités devaient avoir en arrière-pensée la question de savoir s’ils disposaient d’une liberté totale d’écriture, j’ai beaucoup apprécié le billet de Caroline puisque je savais que du côté des organisateurs de Ludovia, ça ne poserait pas de problème. On comprendra que nos synthèses destinées au site Ludovia doivent être plus neutres, mais sur nos blogues, chacun pour écrire ce qu’il était prêt à assumer. Revenons à Maxicours… La réaction des gens de cette entreprise s’est avérée très positive. Plutôt que de se braquer contre Caroline pour ce qu’elle avait écrit, le dialogue a pris forme et nous blogueurs, avons constamment joué par potins interposés sur «les fréquentations professionnelles» de représentants de Maxicours et de notre blogueuse «en furie». Sur Twitter, il y a de nombreuses traces de ces petits clins d’oeil. Bravo Maxicours…

L’autre cas de figure touche l’entreprise eInstruction fournisseur d’un tableau interactif devant être en démonstration dans le premier BarCamp et exposé en kiosque aussi. Le représentant de l’entreprise a paru bien désarçonné de la formule BarCamp et je me souviens d’avoir entendu le récit de Éric Delcroix qui a dû recadrer le modus operandi prévu. Les événements du mardi soir ont montré que malgré les ajustements, le «pitch» en début de BarCamp n’était pas à sa place… S’aurait pu être une histoire comme tant d’autres, de commerciaux qui payent et qui ne se rendent pas compte qu’ils desservent leur cause. En plus, le gagnant du tirage au sort était un banquier en cure à Ax qui n’avait rien à faire de ce qu’on a par la suite appelé sur Twitter «le iPad soviétique». C’était sans compter sur la persévérance du représentant en poste à Ludovia. Loin de prendre en grippe la formule BarCamp, il s’est plutôt demandé comment il pourrait mieux s’insérer dans l’activité, a discuté avec nous, a bien écouté les critiques et ne s’est pas découragé des tweets qui ne mettaient pas vraiment en valeur son dispositif. Non prévu au BarCamp du mercredi soir, la dynamique de groupe a fait en sorte que le dispositif pouvait jouer un rôle plus «proactif» et c’est avec tact que nous avons vu le représentant se réinsérer dans notre dynamique de groupe. Les taquineries sur le «le iPad soviétique» ont bien continué d’autant plus que c’est Laurence qui a gagné le deuxième tiré au hasard, mais en revenant dans l’autobus, je n’ai entendu que du positif de l’attitude du représentant commercial. Bravo eInstruction…

Des gens de it’s Learning France ont aussi été patients avec moi écoutant mes nombreuses réserves sur le sujet des ENT. Je sens qu’ils vont revenir à la charge avec mes objections d’autant plus qu’ils semblent très ouverts au Web 2.0. Ils méritent aussi une mention. Quant à aller jusqu’à vanter les vertus de leur dispositif qui semble faire l’affaire des gens en Norvège… on verra, quand ils me reviendront!


25 août 2010

Ludovia 2010: les retrouvailles


Je suis finalement arrivé sur place (à Ludovia 2010) en fin d’après-midi mardi, juste à temps pour la dernière table ronde de la journée. Il faut dire que le fil Twitter #ludovia2010 et quelques billets de blogues (1, 2, 3 et 4) m’avaient permis à distance de suivre l’action. Surtout, les sept heures de train m’ont paru moins longues, la prose de mes copains sur place étant très inspirée, particulièrement pendant les premiers exposés des sémiologues ludo-éducatifs!

Ça faisait du bien de renouer «en présence les uns des autres» avec ces gens avec qui j’entretiens des correspondances à distance par le biais du numérique. En plus, cette année, de nouveaux visages s’ajoutent et enrichissent l’événement. Je reviendrai plus tard sur le contenu des premiers échanges (dont ceux du BarCamp), mais ce qui m’a frappé hier réside dans le niveau d’expertise des gens sur place. Plusieurs des participants ont quelques années «de terrain» en arrière d’eux et leur perspective laisse bien peu de place aux idées creuses et aux formules faciles. Chacune des conversations débouche rapidement sur des propos critiques aux tonalités empreintes de nuances et de circonspection. Les «nouveaux» sont rapidement introduits dans les cercles de discussions et apportent leurs expériences.

Évidemment, on se connaît de mieux en mieux. Nos rengaines, nos préjugés, les endroits (nombreux) où il y a encore de l’espace pour bouger dans nos têtes… tout cela composant la mosaïque de ce avec quoi on peut bâtir.

Cette année, les gens du numérique se sont vu coiffer du titre d’influenceurs. Passé le temps où j’étais parmi les seuls à rapporter le contenu des débats. Plus d’une douzaine de «braves personnes» entretiennent les réseaux et une réelle conversationréelle conversation engage des gens qui ne sont pas sur place. Pendant le feu roulant des activités, il y a même parfois un «mur des contributions Twitter» qui défile derrière les intervenants.

Ludovia évolue…

J’aime bien ce que je vois et entends!

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« La république des blogueurs »


21 août 2010

La rentrée scolaire: lâchez-nous avec le bulletin!


Du temps où j’étais directeur d’école, j’essayais toujours de détourner l’attention des parents et des élèves du bulletin, cet outil de communication des résultats scolaires qui attire à lui une charge affective démesurée. Je n’allais pas jusqu’à dire que ce n’était pas important le bulletin… Je disais (et dis encore) simplement que l’essentiel est ailleurs.

On imagine facilement que je ne m’amuse guère depuis trois jours de constater toute l’attention médiatique portée vers ce formidable outil de «tri social» qui, non seulement rate sa rentrée (la ministre annonce en même temps de quoi il aura l’air et son entrée en fonction dans un an), mais risque de faire déraper celle de plusieurs intervenants. Dès juin 2007, j’écrivais qu’il fallait passer à autre chose et je n’en passe pas moins en ce moment.

Le report d’un an m’agace au plus haut point, parce que ça veut dire qu’on va continuer de perdre du temps avec ça. Loin de moi l’idée d’être satisfait de la proposition de bulletin unique pour toutes les écoles; mais à partir du moment où l’État décide qu’il en sera ainsi, il faudrait cesser de tergiverser, le mieux sera l’ennemi du bien, c’est assuré!

François Guité vient d’exprimer sur Twitter un élément très important…
«Le bulletin unique est une solution qui priorise encore une fois le système au détriment des individus.»

D’autres que moi ont commenté sur le contenu ou le report dont le concert des «officiels» (1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7) entres autres, et je me suis même exécuté chez Joseph Facal puisque j’avais l’impression de lire «une avancée» dans sa compréhension de ce qu’est une compétence. À partir du moment où on a un programme axé «compétences» et des évaluations axées exclusivement (ou à peu près) «connaissances», la façon de fabriquer la communication aux parents concernant le produit de cette évaluation m’importe peu. J’en ai déjà trop écrit sur ce sujet… Passons à autre chose!

La rentrée scolaire sera encore un calvaire pour bon nombre de profs à statut précaire. L’école est encore très loin de pouvoir remplir sa mission avec une relative autonomie, elle doit composer avec les pratiques de blocage Internet des commissions scolaires, puis, qu’en est-il de l’école en tant que lieu où il faut faire des efforts et apprendre par un travail constant, et à visière levée? Et je ne parle pas du décrochage et du conformisme

Bref, il y a d’autres sujets d’importance à aborder en cette rentrée scolaire et le bulletin unique me semble avoir pris toute la place.

Y en a marre!


15 août 2010

Je me souviens...


Plusieurs journalistes ont écrit sur le sujet des blogues ou sur la pratique du micro-blogue. De belles et de moins belles choses. Je me souviens ce soir de certains qui m’ont écrit que c’était pure perte de temps. Ces journalistes me jetaient souvent comme argument que rien de vraiment important n’est sorti des blogues ou de Twitter au Québec qui ne soit pas déjà sorti dans un média dit «traditionnel», bien avant.

Je ne sais pas s’il y a davantage de journalistes qui pensent encore comme ça, mais en fin de semaine, un journaliste a blogué quelque chose qui me paraît important, issu de sa veille stratégique sur Twitter du canal d’un jeune Libéral. Suffisamment important, pour qu’un éditorialiste d’un journal concurrent chronique «sur la nouvelle». Et on n’a pas fini d’entendre parler de «ce dossier», si je comprends bien ce qui a circulé ce soir sur Twitter…

Tenir un blogue ou un canal Twitter est un apprentissage constant. Les événements ci-haut mentionnés soulèvent plusieurs réflexions sur ce qui peut s’écrire (ou pas) sur Internet par tous ceux qui se sont donné les moyens de leurs ambitions. On conviendra qu’il y a de tout, pour tous les goûts et que souvent, il n’y a pas lieu de faire le détour. Mais le temps où on pouvait dire que c’est une pure perte de temps que de se donner la peine d’installer une certaine veille de certains blogues, canal Twitter ou page Facebook est probablement révolu.

S’il reste encore un journaliste partageant cette conviction, je suggère la lecture du blogue de Luc Ferrandez (Maire du Plateau Mont-Royal).

Ou encore, la lecture successive de ce billet de Marie-Claude Lortie, de cette chronique de la même auteure, suivis par ce billet de blogue d’un jeune étudiant du secondaire. Il fallait lire sur Twitter la discussion consécutive au billet pour apprécier davantage le caractère inusité des échanges qui montrent bien que la capacité de chaque citoyen de produire du contenu peut parfois mener à des trouvailles intéressantes.

Cela dit, si ça n’intéresse que «le citoyen ordinaire» et pas les journalistes… c’est déjà ça de pris!

N.B. Complément d’information sur cette histoire de fuite sur Twitter au huis clos Libéral du week-end dans deux articles du journaliste Taïeb Moalla, «Christine St-Pierre accuse les médias d’avoir un agenda» et «Deltell veut des explications».


13 août 2010

Une première journée complète sous le sceau des échanges à l'INM


Privé d’accès Internet hier à l’Université Concordia, je n’ai pu utiliser Twitter ou bloguer sur ma participation à cette première journée complète d’activités à l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde. Je me reprends ce matin, à l’aube d’un deuxième contact avec mon groupe du parcours «À go, on change le monde», profil «développement de projet». J’ai fait hier la connaissance avec des jeunes remplis de capacité!

Nous avons d’abord appris à former un groupe à travers nos différences. Chacun a pu se présenter, décrire son projet et situer l’endroit où il est rendu dans sa démarche de mise en oeuvre. Pour la plupart, il s’agissait dans ces premières étapes d’apprendre à nous communiquer plus clairement les motivations à la base du projet et surtout, élaborer sur le problème de société à la racine du projet. Chacun avait sa petite idée de ce qu’il voulait faire, mais nous les avons encadrés de façon à ce qu’en une minute, ils apprennent à nous dire exactement qui ils sont, ce qu’ils veulent changer et comment ils envisagent de le faire. Beaucoup de progrès a été fait par les jeunes avec qui j’ai travaillé. Je vais me garder pour le moment de nommer les projets sur lesquels ils «bûchent», mais j’ai été agréablement surpris de constater que les jeunes sont dans le concret. Il y a certes quelques «idées folles», mais un sens du réalisme me paraît animer cette joyeuse bande d’entrepreneurs social composée à majorité de jeunes femmes.

L’activité de hier après-midi s’est terminée par l’obligation de devoir discerner l’étape du cheminement de projet sur laquelle ils ont le plus de chemin à parcourir avant de pouvoir se mettre en oeuvre. Nous allons reprendre avec ça cette après-midi. Personnellement, j’avais un petit devoir à faire pour une participante qui a un projet en éducation. Elle avait utilisé une expression pour illustrer son ambition auprès des gens visés par son projet («attiser la flamme des jeunes») et je lui avais promis de retrouver une citation (et son auteur) qui pourrait lui être utile. La voici:

«Eduquer ce n’est pas remplir un vase, c’est allumer un feu.» (William Butler Yeats)

À l’origine, cette citation est en anglais… (Education is not filling a bucket, but lighting a fire).

En fin d’après-midi, je suis allé assiter, tel que prévu hier, à la table ronde «Le Web : cause ou solution à la crise des médias ?». Animée par Sandra Rodriguez, cette discussion a débuté très lentement puisque le premier tour de table offrait à chacun des intervenants un premier huit minutes qui est resté dans les généralités. La plupart des intervenants ont nié l’existence «d’une crise des médias». Bernard Descôteaux en particulier a parlé de «nécessaire période de mutation», tout au plus, alléguant que les problèmes de certains quotidiens aux États-Unis qui ont dû fermer boutique étaient liés à d’autres sources que le Web. Louise Lantagne de Radio-Canada s’est positionnée comme étant très méfiante d’une vision «apocalyptique». Pour elle, Internet «est un instrument de promotion extraordinaire et un lieu d’expérimentation inusitée». Sophie Cousineau de Gesca était préoccupée par le iPad et le sociologue André Mondoux a tenté de cerner les enjeux d’un passage du «nous» au «je».

Le débat s’est animé quand des questions venant des membres du panel et de la trentaine de participants ont pu être posées. J’ai personnellement été déçu de ne pas sentir que ces représentants de grands médias (trois sur quatre) n’avaient pas abordé le sujet des nouvelles relations à construire avec ces gens qui peuvent produire et diffuser du contenu. Surtout, je leur ai partagé mon étonnement que personne ne semble avoir de plan pour mieux utiliser le déluge de données qu’ils peuvent tirer des fréquentations de gens qui utilisent leurs sites Web. Un des jeunes présents a même demandé au directeur du Devoir «à quand un site Web au Devoir qui me reconnaît et qui s’ouvre sur la section économique si c’est celle que je fréquente le plus sur votre site ? À quand des publicités ciblées sur mon profil d’internaute ?». Nous n’avons eu droit qu’à des réponses évasives. À une question portant sur Wikileaks, Mme Lantagne a même été obligée d’admettre qu’elle ne connaissait pas ce site. M. Mondoux en a profité pour disqualifier «tous ces wikis dont on ne peut jamais vraiment savoir si du contenu valide s’y trouve, tellement les sources sont invérifiables».

Les échanges se sont terminés sur une excellente question d’un autre jeune participant: «Garder le sceau de qualité, la crédibilité de vos médias… de vos «marques», qui ont souvent le haut du pavé… Comment vous allez faire? Votre marque a toujours été forte… Maintenant que tous peuvent publier… diffuser… comment vous aller faire?» La question est arrivée un peu tard, mais j’ai eu l’impression que les intervenants du panel avaient réalisé que les membres de l’auditoire n’étaient pas si rassurés de la «non-existence d’une véritable crise des médias». La journaliste Sophie Cousineau semble celle qui avait le regard le plus juste sur l’ampleur des défis à surmonter et j’ai aimé son attitude qui consistait à poser les questions, apporter quelques faits (parfois, chiffres à l’appui) plutôt que de tenter de rassurer tout le monde.

L’école d’été de l’INM a offert hier une très belle première journée. Je quitte à l’instant en direction de l’Université Concordia, espérant en vivre une aussi bonne aujourd’hui, muni d’un Internet sans fil fonctionnel, cette fois! J’espère aujourd’hui pouvoir rencontrer les jeunes qui tiennent ce blogue «des reporters officiels de l’École d’Été de l’INM 2010» qui vient d’être mis en ligne.

Mise à jour du 14 août: Ça me fait drôle de lire «Où est mon iSauveur? de Sophie Cousineau après avoir écrit ici, ce billet…

Mise à jour du 19 août: Deux autres billets sur le sujet du Web comme cause possible ou solution à la crise des médias, chez Sophie Labelle et sur le blogue du 30.


6 août 2010

Very Offended Person (V.O.P.)


J’écoutais Amir Khadir ce matin à la radio commenter le mea culpa du Groupe Axor inc. et d’Axor Construction Canada inc. «à un total de 40 constats d’infraction que le DGE leur a signifiés relativement à des infractions à la Loi électorale». Je ne suis pas militant de Québec Solidaire, mais ça ne m’empêche pas d’être sur la même longueur d’onde que le député de Mercier qui est celui ayant ouvert en premier cette boîte de Pandore.

Plus tôt, je lisais un gazouillis de Stéphane Laporte qui décrivait assez bien mon état d’âme:
«Comment ça se fait que les aveux d’Axor ne se retrouvent qu’à la une du Devoir? C’est big ou c’est pas big?»

De fait, ça devrait être traité par tous les médias comme quelque chose de très très important. Nous devrions tous nous sentir comme Amir Kadir, il me semble, et devenir des Very Offended Person (V.O.P.).

Le problème est probablement que c’est une nouvelle pour personne que cette histoire de prête-noms utilisés pour le financement des partis politiques. Dans ce cas-ci, Patrick Lagacé rapporte que «Axor a ainsi versé, en dons personnels déguisés, 134 000$ au PLQ, 34 000$ au PQ et 5000$ à l’ADQ». Du même souffle, il demande aux dirigeants d’Axor «d’expliquer aux Québécois pourquoi sa firme a fourré le système». M. Lagacé sait pourquoi. Tout le monde sait pourquoi, mais nous aimerions probablement tous l’entendre raconter par quelqu’un qui vient d’admettre publiquement l’avoir fait…

Payer des politiciens (ou un parti politique) pour avoir des contrats, c’est un des pires «investissements» que peut faire un homme (ou une femme) d’affaires pour obtenir du boulot. C’est entrer dans une spirale de «tu-me-dois-une-faveur-renvoie-moi-l’ascenceur». C’est dévaloriser la qualité de sa mission d’entreprise (prouver qu’on doit «payer» parce qu’en jouant les règles de la concurrence on n’obtiendra pas le mandat) et c’est aussi donner aux formations politiques le moyen de fau$$er la démocratie par l’usage de re$$ources obtenues frauduleusement. Le problème, c’est que malgré tout cela, c’est un «placement» qui semble rapporter. Ça va prendre pas mal de V.O.P. pour que ça change…

J’ai été sollicité plusieurs fois dans ma vie d’adulte pour des contributions en argent politique. Ça c’est pas mal toujours passé dans le même «pattern». Tu travailles dans des dossiers qui font que tu croises des politiciens. Tu échanges avec eux dans le contexte de ces dossiers. À un moment donné, tu sens que le contact avec le politicien est plus chaleureux… et puis hop, tu reçois une invitation à participer à une activité de financement. Un cocktail, un souper-bénéfices ou quelque chose du genre. Parfois, on te vend l’idée qu’un ministre (ou un haut-dirigeant du parti) sera présent et que ta présence à l’événement pourrait te permettre un p’tit cinq minutes d’échange. Les premières fois, tu figes un peu. Qu’est-ce qui va se passer si j’accepte l’invitation ? Et si je refuse ?

Il m’est arrivé souvent de refuser l’invitation. Il m’est aussi arrivé d’accepter à deux ou trois reprises, dans la région de Coaticook. La première fois, je crois que c’était pour Robert Benoit. J’étais directeur d’école et je trouvais que mon député méritait d’être «encouragé» parce qu’il était «cool» et me semblait faire du bon travail. Sur place, j’ai vite réalisé que ce genre d’événement était très partisan et que «de te faire voir» avait pour conséquence de peut-être devenir «identifié» à une formation politique. Est-ce que c’était impossible de contribuer financièrement à la campagne d’un député sans être identifié à la formation politique de ce député? J’avais décidé de contribuer à un événement de Maurice Bernier dans la même période et j’avais été assez surpris de voir que plusieurs des gens présents chez le libéral d’Orford était aussi du brunch organisé par le bloquiste de Mégantic—Compton—Stanstead. Je me disais donc que je n’étais pas seul à appuyer le travail de deux députés de familles différentes et qu’il ne fallait pas m’en faire avec les «qu’en dira-t-on» qui pourraient suivre. Tous les leaders (social, économique, institutionnel) semblaient participer à ce genre d’événement en région et c’était la façon normale (et acceptée) d’entretenir des relations avec ceux qui avaient «du pouvoir» dans notre région. Le problème m’est apparu bien plus épineux au bout de deux ou trois «oui». Je me souviens très bien d’avoir entendu parler des firmes «qui s’engageaient» pour plusieurs billets et qui demandaient à certains de leurs employés de contribuer moyennant un remboursement. Naïf avant d’entendre parler de ces stratagèmes, je venais de comprendre qu’en donnant des sous et en participant à l’événement-bénéfice, on pouvait penser «qu’on payait» pour s’assurer que le politicien en question travaille «pour nous» à l’avenir. Je me souviens d’avoir pris une longue pose de participation à ce genre d’événement. J’étais mal à l’aise, mais je suis passé à autre chose; aucun politicien en région ne m’a fait de remontrance parce que je ne «contribuais» pas.

Depuis mon arrivé à Québec, en 1998, j’ai reçu bien peu d’invitations à contribuer financièrement à des partis politiques, mais j’ai rencontré beaucoup de politiciens qui ont «du pouvoir». Depuis que je suis «en affaires» ayant quitté ma fonction de directeur d’école pour celle de d.g. chez Opossum (division de iXmédia), je travaille dans quelques mandats où «mon client» est le gouvernement. Je lis toutes sortes de choses dans les médias, mais j’imagine que je suis dans un secteur d’affaires où «contribuer financièrement aux partis politiques» n’est pas dans les moeurs, puisqu’il m’apparaît facile de faire affaire avec le gouvernement sans donner d’argent aux partis politiques. Depuis 1998, j’ai donné une fois à un jeune député de ma circonscription qui en était à ses premières armes et je l’ai fait parce que je trouve qu’il n’y a pas assez de jeunes en politique. Je ne me suis pas présenté à son activité, par contre…

Tout ça pour dire qu’il est temps d’aller au fond des choses avec cette question des prête-noms et du financement des partis politiques. S’en est devenu gênant de même penser à contribuer pour un candidat tellement on pourrait prêter flanc à se servir de cette contribution pour exiger quelque chose en retour. Combien de personnes croient en ce moment qu’il y ait des gens honnêtes-contribuant-à-des-partis-politiques?

Je me considère pour un certain temps Very Offended Person (V.O.P.). Ça devrait faire un grand bout de temps que je devrais l’être d’ailleurs, sur ce sujet, car j’avais toutes les raisons de croire que ce système de prête-noms existait et permettait à certains d’en tirer avantage. Je serai de ceux qui exigeront des gestes plus concrets que ceux posés actuellement pour que cesse cette pratique, malgré qu’elle soit interdite et illégale.

N.B. Le titre de ce billet m’a été inspiré par cette chronique de Jean-Simon Gagné du journal Le Soleil.

Mise à jour du 8 août: Article de Yves chartrand sur RueFrontenac… «Axor – De quoi nourrir la crise de confiance des citoyens».


Commentaires ( 3 )
Mots-Clés: La vie, la vie en société ... à ce qui me choque 
3 août 2010

La solution n'est pas l'ordinateur portable


«Every child going on to secondary school from the SEA will be provided with a laptop to begin their secondary school education.»

Cette citation vient de la page onze de ce manifeste adopté par les dirigeants d’un pays qui souhaite devenir «qualifiable comme “pays industrialisé” d’ici 2020» (source, via Wikipédia). On parle ici de La République de Trinidad-et-Tobago!

Cette citation chapeaute un excellent billet du OLPC-News, «XO Laptops for Trinidad and Tobago in 120 Days?!». Pourquoi en faire un billet sur ce carnet?

Seulement pour un des sous-titres du billet de Taran Rampersad, ça en vaut la peine: «The solution is not laptops».

Mais aussi, je veux en garder ici la trace pour les nombreuses bonnes questions que pose cet intervenant qui oeuvre lui-même de «Trinidad-Tobago»… (lire le billet). Je retiens en particulier cette citation:

«And bear in mind, this is coming from someone who believes in the use of technology. I believe early access to technology will prepare children for the future. I am not, by any stretch, a Luddite. But I’m also someone who, after having seen lots of technology thrown at problems as will be done by the current government, is wary of projects with no measurable result.»

N.B. L’hyperlien sur «Luddite» est de moi… Je ne connaissais pas cette expression!

Mise à jour du 10 août: Voici un autre pays dont la solution passe néanmoins par les ordinateurs portables… «Dans les écoles rurales du Pérou, chaque enfant aura bientôt son ordinateur portable».


1 août 2010

Canoë forcé de reconnaître ce que tout blogueur sérieux sait depuis plusieurs années


«La juge regrette “la négligence grossière de Canoë de vérifier et de supprimer de son site les messages à teneur diffamatoire”. Canoë devra donc verser à Susan Corriveau 50 000 $ en dommages compensatoires, 50 000 $ en dommages punitifs en plus de rembourser à celle-ci ses frais d’avocat de 7 000$».

Ce qui frappe dans cet article de Cyberpresse n’est pas le jugement de la Cour supérieure. C’est plutôt le fait qu’on puisse y lire que «Canoë admet sa responsabilité et reconnaît que des propos diffamatoires n’auraient pas dû se trouver sur le blogue de M. Martineau». Comment concilier ce fait avec les propos de Richard Martineau sur son blogue qui affirme que le «jugement aura des répercussions importantes dans TOUTE LA BLOGOSPHÈRE…» ?

Ce jugement confirme ce que tout blogueur sérieux savait déjà et je ne vois pas comment on peut poser l’hypothèse «d’une fin d’époque».

Canoë savait que les propos étaient diffamatoires, mais plaidait que «la crédibilité de celle qui était diffamée n’avait pas vraiment été affectée». Je ne connais pas beaucoup de blogueurs en dehors de ceux qui font partie de grands groupes de presse qui prenaient «la chance» de laisser des propos de cette nature (diffamant) dans les commentaires au bas de leur blogue pensant que ces mêmes propos n’affecteraient pas la crédibilité des gens diffamés!

Si ce jugement est intéressant, il ne modifiera pas les comportements de la grande majorité des blogueurs.

Mise à jour du lendemain: Suite de la conversation chez Catherine Morissette.


20 juillet 2010

Bell est-il devenu un partenaire gênant sous l'angle d'une présence numérique de qualité pour le Festival d'été de Québec?


Sujet tabou, s’il en est un… l’apport de Bell, en tant que commanditaire (ou «présentateur officiel») du Festival d’été de Québec. Un extrait du communiqué de Bell Canada de cette année:
«Encore une fois, Bell a mis son expertise technologique au service du festival afin de créer un nouveau site mobile pour téléphones intelligents, permettant ainsi une recherche d’information optimisée et conviviale. De plus, en collaboration avec le Festival d’été de Québec, Bell est heureuse de présenter la toute nouvelle application iPhone du Festival. Celle-ci offrira une boîte à outils d’informations aux festivaliers ainsi qu’une toute nouvelle expérience de réalité augmentée. (…) “Nous sommes très heureux de pouvoir démontrer notre savoir-faire dans le domaine du web avec le génie créatif de l’équipe de Bell web solution et d’accompagner le Festival vers le succès. Notre équipe a travaillé à développer un site mobile qui permettra un accès rapide et pratique aux utilisateurs de téléphones intelligents” a annoncé Christian Goulet, vice-président adjoint, secteur public, responsable de la région de Québec, Bell Marchés affaires. “À notre expertise en matière technologique s’ajoute notre présence sur le site afin d’être la source d’information tout au long du festival” d’ajouter monsieur Goulet.»

Dans mon billet «bilan» d’hier, je laissais entendre que Bell est peut-être en train de devenir une sorte de «boulet aux pieds», pour la direction du Festival qui veut que «la prochaine phase d’expansion passe par le Web». Pendant la durée du festival, je me suis demandé pourquoi on avait abandonné l’initiative Twitter de l’an dernier. On m’a répondu que le «présentateur officiel» avait préféré investir dans une application iPhone cette année et que l’expérience de l’an dernier avait été mise de côté. Sachant que l’application en question avait été développée par Exact Modus, je suis allé poser quelques questions aux développeurs. Par exemple, sur le fait qu’on n’ait pas choisi d’intégrer la fonction du site qui permet de gérer notre horaire du Festival dans l’application iPhone; je me suis fait répondre que Bell était responsable des «limites» imposées au mandat, pas le FEQ.

Je ne doute pas que Bell ait déjà possédé une certaine «expertise technologique» qui pouvait faire en sorte que le FEQ ait pu tirer avantage du partenariat (en 2001, par exemple) jusqu’à maintenant. Mais dans la mesure où Bell «se contente» de financer des initiatives et qu’elle possède, en quelque sorte, la mainmise sur plusieurs décisions importantes (voire déterminantes) au niveau de la présence numérique, j’ose questionner l’utilité de maintenir une situation qui pourrait empêcher la progression du Festival d’été de Québec dans sa «prochaine phase d’expansion [qui] passe par le Web»?

Étant moi-même «dans la business» du Web, on pourra me rétorquer que je suis en parfait «conflit d’intérêts» avec ce billet. Je suis d’accord (disclosure: je suis actionnaire d’une entreprise qui pourrait avoir de très bonnes idées au sujet de la présence numérique du FEQ). Je n’ai jamais revendiqué ce qu’on appelle de l’objectivité comme blogueur et j’assume mes biais. Reste que je suis fatigué de me faire servir du «ouin, je sais, je comprends ce que tu veux dire, mais notre commanditaire Bell, il ne voit pas ça de cette façon». Et je ne parle pas que de cette année…

L’immense succès du Festival et son extraordinaire potentiel de développement n’impose-t-il pas une remise en question du rôle de Bell en tant «qu’expert technologique» omniscient?

On pourra douter de ce que j’avance dans ces prochains mots, mais c’est le blogueur qui s’exprime dans ce billet, bien davantage que l’actionnaire et «homme d’affaires». Et surtout… c’est celui qui aime par-dessus tout un festival qui offre tellement de beaux moments à partager!

J’ai confiance pour l’an prochain (et les années qui s’en viennent) que l’équipe de Daniel Gélinas saura manoeuvrer avec tact dans ce dossier et qui sait, Bell saura se montrer bon joueur. En agissant en bon partenaire, «au service du festival», l’entreprise pourrait même en sortir gagnante! Je ne connais pas les détails du partenariat et j’imagine que le FEQ sera reconnaissant à Bell pour «les facilités accordées dans le passé» (lien Internet ?, site Web exécuté à bas prix ou gratuitement ?, etc.), mais je maintiens que Bell doit devenir «un intervenant parmi d’autres» dans ce dossier de la présence numérique du Festival d’été de Québec.